OUESLATI Lassaâd

Université de Tunis, Tunisie

 

L’interprétation des unités phraséologiques

entre combinatoire interne et emploi co-textuel :

le cas des unités adverbiales polylexicales

 

Les unités phraséologiques ont connu ces dernières années un regain d’intérêt dans les travaux de linguistique. Mais ces travaux, soucieux de montrer la solidarité entre les unités constituant la séquence phraséologique, ont consacré plus d’attention à la combinatoire interne en essayant de montrer ce qui fait l’unité des constituants. Aussi, la syntaxe a-t-elle pris plus d’importance au détriment du sens. Ces travaux se sont contentés de montrer quelques aspects sémantiques qui caractérisent les unités polylexicales en insistant tantôt sur leur caractère compositionnel tantôt sur leur opacité. Or la combinatoire externe s’avère aussi importante que la combinatoire interne dans le processus de production du sens. Pour s’en convaincre, il suffit de voir les contraintes sémantiques qui pèsent sur l’emploi de ces unités dans des phrases. En effet, des unités polylexicales, telles que à point, en plein visage, de toutes ses oreilles, en débandade, à chaudes larmes, etc., ne peuvent avoir de sens précis que dans un emploi co-textuel. De plus, la même unité peut changer de sens en changeant de co-texte.

Nous nous proposons d’étudier, dans ce travail, le fonctionnement sémantique des unités adverbiales phraséologiques. Comment peuvent-elles produire du sens dans leur combinatoire externe ? Quel rapport ont-elles avec les unités qui les entourent ? Imposent-elles des contraintes sémantiques sur les unités constituant leur co-texte ?  Quels sont les facteurs de variation sémantique de ces unités? En changeant de sens, ces unités changent-elles de fonction ? Nous tenterons de répondre à ces questions en décrivant un corpus d’unités adverbiales selon la démarche méthodologique de la théorie des trois fonctions primaires.  

 

Bibliographie :

Giry-Schneider, J. 2005. Les adjectifs intensifs : syntaxe et sémantique, Cahiers de lexicologie, n°86, p.163-178.

Haussmann, F.-J. Blumenthal, P. 2006. « Présentation : collocations, corpus, dictionnaires ». Langue française n°150, p.3-13.

Gross, G. 1994. «Classes d’objets et description des verbes », Langages, 115, p. 15-30.

Gross, M. 1995. « Une grammaire locale de l’expression des sentiments », Langue française, 105, p. 70-87.

Grossmann, F. Tutin, A. 2002, « Collocations régulières et irrégulières », Revue française de linguistique Appliquée, VII/I, p.7-25.

Grossmann, F. Tutin, A. 2003. Quelques pistes pour le traitement des collocations. In : F. Grossmann & A. Tutin (éds), p. 5-21.

Nerima, L., Seretan, V., Wehrli, E. 2006. « Le problème des collocations en TAL », Nouveaux cahiers de linguistique française 27, p. 95-115.

Oueslati, L. 2006. Les constructions adverbiales en français contemporain, Thèse de doctorat soutenue à l’Université de Paris 13 Villetaneuse.

Oueslati, L. 2015. « Les adverbiaux classifieurs de prédicats de déplacement », Synergies Tunisie, Approches linguistiques: les locatifs, n° 4 - 2015 p. 35-50, Thouraya Ben Amor Ben Hamida (sous la direction de)

Tutin, A., Novacova, I., Grossmann, F., Cavalla, C. 2006. « Esquisse de typologie des noms d’affects à partir de leurs propriétés combinatoires », Langue française n°150, p.32-49.

    Auteur
    Monika Bazyl

    Suivez UMCS: